« Le covoiturage fait économiser » est une phrase creuse tant qu'on ne dit pas combien, à qui, et à partir de quelles hypothèses. Ce guide donne la méthode de calcul, l'applique à des trajets réels, et distingue ce que gagne un passager de ce que récupère un conducteur. Tous les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur assortis de leurs hypothèses : remplacez-les par les vôtres, la méthode reste la même.
Ce que coûte réellement un kilomètre
Un trajet en voiture coûte plus que l'essence. Le coût complet se décompose en deux familles.
Les frais variables, qui augmentent avec chaque kilomètre : carburant, usure des pneus, entretien lié au kilométrage, une part de la dépréciation.
Les frais fixes, payés que vous rouliez ou non : assurance, immatriculation, stationnement mensuel, une autre part de la dépréciation.
Le partage des frais en covoiturage porte, dans son esprit, sur les frais variables du déplacement — ceux que le trajet a réellement provoqués. C'est ce qui distingue un partage de frais d'un revenu de transport.
Pour le carburant, il n'y a pas à deviner : la consommation officielle de chaque modèle vendu au Canada est publiée par Ressources naturelles Canada dans son guide de consommation de carburant. Utilisez la valeur de votre véhicule plutôt qu'une moyenne trouvée en ligne — l'écart entre une compacte et un VUS dépasse facilement 40 %.
La méthode, en quatre nombres
1. Distance aller en kilomètres.
2. Consommation de votre véhicule, en litres aux 100 km.
3. Prix du litre au moment du trajet.
4. Nombre de personnes à bord, conducteur compris.
Essence du trajet = distance × consommation ÷ 100 × prix du litre.
Part par personne = essence ÷ nombre de personnes.
Ajoutez les péages s'il y en a, et une contribution à l'usure si vous voulez refléter le coût réel plutôt que le seul carburant.
Trois trajets, chiffrés
Hypothèses communes : véhicule à 7 L/100 km, essence à 1,70 $/L, quatre personnes à bord (le conducteur et trois passagers). Aucun péage sur ces axes.
Montréal–Sherbrooke, 150 km. 10,5 L, soit environ 18 $ d'essence. Part de chacun : autour de 4,50 $. Sur une distance courte, l'essence est faible et l'usure pèse proportionnellement plus lourd — c'est pourquoi les prix affichés ne descendent pas à quelques dollars.
Montréal–Québec, 255 km. 17,9 L, soit environ 30 $. Part de chacun : autour de 7,50 $. C'est l'ordre de grandeur d'un corridor de trois heures.
Montréal–Toronto, 540 km. 37,8 L, soit environ 64 $, plus un arrêt repas. Part de chacun : autour de 16 $. C'est là que le partage change vraiment la donne : rempli, le trajet revient à une fraction du prix d'un billet de train acheté tardivement.
Changez une hypothèse et tout bouge. Le même Montréal–Québec dans un VUS à 11 L/100 km coûte 28 L, soit 48 $, et 12 $ par personne. Avec deux personnes seulement à bord au lieu de quatre, la part double.
Côté passager : ce que vous payez et ce que vous évitez
Un passager ne fait pas qu'économiser sur l'essence : il n'a ni voiture à entretenir, ni stationnement à payer à l'arrivée, ni frais d'immatriculation.
Comparé aux autres options, le covoiturage se situe généralement sous le prix d'un billet d'autocar acheté à la dernière minute et bien en dessous d'un billet de train acheté tardivement, sans jamais atteindre la souplesse d'horaire d'un service régulier. La comparaison honnête est donc à faire au cas par cas : sur un axe très desservi comme Montréal–Québec, l'autocar reste concurrentiel ; sur Québec–Saguenay, où il n'y a ni train ni service dense, la vraie alternative est la voiture solo.
Le point où le covoiturage gagne systématiquement, c'est le porte-à-porte : pas de trajet vers la gare, pas d'attente, pas de correspondance à l'arrivée.
Côté conducteur : récupérer, pas s'enrichir
Un conducteur qui remplit trois places sur un Montréal–Québec récupère environ 22 $ des 30 $ d'essence du trajet, dans notre exemple. Il n'a pas gagné d'argent : il a réduit le coût d'un déplacement qu'il faisait déjà. C'est exactement le cadre du partage de frais.
Un prix de place nettement supérieur à cette logique change la nature de l'activité, avec les conséquences fiscales et réglementaires qui vont avec. La question du traitement fiscal des sommes reçues dépend de votre situation : les règles applicables au Québec sont publiées par Revenu Québec, et celles du fédéral par l'Agence du revenu du Canada. Ce guide donne de l'information générale et ne remplace pas un avis professionnel.
Ce qui fait varier le résultat
Le taux de remplissage. C'est le facteur numéro un. Deux personnes à bord divisent par deux, quatre divisent par quatre. Une place vide, c'est un quart de l'économie perdue pour tout le monde.
Le prix du carburant. Il varie fortement d'une semaine et d'une région à l'autre. Un calcul fait en février ne vaut pas en juillet.
Le véhicule. Entre une hybride à 5 L/100 km et un VUS à 12 L, le coût du même trajet plus que double. Pour un véhicule électrique, remplacez le calcul essence par la consommation en kWh et le tarif d'électricité — l'ordre de grandeur au kilomètre est nettement plus bas, mais la logique de partage reste identique.
La saison. En hiver, la consommation réelle grimpe : moteur froid, pneus d'hiver, chauffage. Un écart de 10 à 20 % par rapport à la valeur officielle n'a rien d'anormal.
Comment le paiement fonctionne sur Baboride
Le prix par place est fixé par le conducteur ; la plateforme n'impose aucun tarif. Le paiement en ligne est traité par Stripe, et le numéro complet de la carte n'est jamais conservé par Baboride. Les gains du conducteur sont versés sur le compte de versement configuré dans son profil, une fois le trajet effectué.
Les règles d'annulation, les frais applicables et les cas de remboursement figurent dans les conditions d'utilisation. En cas de problème sur une réservation précise, la page de contact reste le point d'entrée.
Le calcul en une ligne
Distance × consommation ÷ 100 × prix du litre ÷ nombre de personnes. Le reste — la comparaison avec le train, l'argument écologique, le confort — vient après, et ne remplace jamais ce calcul.